Tu l’as sûrement remarqué : apprendre à écrire sans faire d’erreurs, c’est loin d’être simple pour certains enfants. 😬 Entre les lettres muettes, les sons qui s’écrivent de mille façons et les exceptions qui semblent peut-être ne suivre aucune logique, pas étonnant que l’orthographe soit un défi.
Quand ton enfant a du mal à retenir ses mots de la semaine, qu’il oublie des lettres ou qu’il inverse certaines syllabes, c’est frustrant pour lui… et pour toi aussi.
Bonne nouvelle : il y a plein de façons d’aborder l’orthographe autrement ! 🎉 On va voir pourquoi certains enfants ont plus de difficulté que d’autres, ce qui se passe dans leur tête quand ils écrivent, et surtout, comment leur donner un coup de pouce efficace.
Tu vas découvrir des stratégies simples et concrètes pour rendre l’apprentissage des mots plus naturel et agréable au quotidien. Allons-y ! 🚀
L’orthographe, c’est bien plus qu’une question de mémoire. Pour certains enfants, écrire un mot sans erreur, ça demande un gros effort cognitif. Pendant que d’autres retiennent leurs mots de la semaine en quelques essais, certains doivent les revoir 20, 30 ou même 40 fois avant de les mémoriser. Pourquoi cette différence ?
Plusieurs facteurs entrent en jeu : la façon dont le cerveau stocke les mots, la capacité à associer les sons aux lettres et le niveau d’exposition à l’écrit. Voyons ce qui peut expliquer ces écarts.
Dans notre tête, on a une espèce de « banque de données » où sont stockés les mots qu’on connaît : c’est ce qu’on appelle le lexique orthographique. Quand on écrit un mot qu’on a bien mémorisé, on n’a pas besoin d’y réfléchir. C’est automatique, comme quand on écrit notre prénom.
Mais pour y arriver, il faut que le mot ait été vu suffisamment de fois dans son contexte et qu’il ait été bien encodé. Pour certains enfants, ce processus est plus lent, et le mot ne s’ancre pas tout de suite dans leur mémoire. Résultat : ils doivent décoder le mot à chaque fois, ce qui rend l’écriture plus difficile.
Un enfant qui lit encore en déchiffrant les mots syllabe par syllabe aura aussi plus de mal à les orthographier. Pourquoi ? Parce qu’il ne les reconnaît pas encore visuellement. Pour lui, chaque mot est un nouveau défi : il doit analyser chaque son, se souvenir de l’ordre des lettres et peut-être même deviner si une lettre muette doit être ajoutée.
En lecture comme en écriture, plus un enfant est exposé aux mots, plus il les retient. Quand un mot est reconnu visuellement en un coup d’œil, il est aussi plus facile à écrire sans erreur.
Certains enfants ont besoin de voir un mot cinq ou six fois avant de l’écrire correctement, alors que d’autres devront le revoir des dizaines de fois avant de l’ancrer dans leur mémoire.
Imagine un enfant qui doit apprendre le mot « pomme ». Un enfant sans difficulté le retiendra rapidement après quelques expositions : il l’aura lu dans une histoire, écrit en dictée, vu sur une affiche… et BOOM !, c’est intégré ! 🍏
Mais pour d’autres, cinq expositions ne suffisent pas. Leur cerveau a besoin de beaucoup plus de répétitions et de stratégies variées pour enregistrer la bonne orthographe. C’est pour ça qu’un simple exercice de « recopie ton mot dix fois » ne fonctionne pas toujours… et qu’il existe des méthodes bien plus efficaces pour aider ton enfant à mémoriser les mots.
Avant même de parler d’orthographe, il y a des bases qui doivent être bien en place. Un enfant qui a du mal à entendre et à manipuler les sons ou qui ne connaît pas bien les correspondances entre les lettres et les sons aura forcément plus de difficultés à écrire correctement.
Si ton enfant fait souvent des erreurs en orthographe, la première étape, c’est de vérifier ces fondations.
Pour bien écrire un mot, il faut d’abord être capable d’identifier clairement les sons qui le composent. C’est ce qu’on appelle la conscience phonologique. Un enfant qui a de la difficulté à percevoir et à segmenter les sons risque d’oublier des lettres ou d’inverser certaines parties du mot.
Par exemple, s’il n’entend pas bien le son « cr » dans « crayon », il pourrait écrire « kayon » ou « cayon ».
Une fois qu’un enfant distingue bien les sons, il doit apprendre à les associer aux bonnes lettres. C’est ce qu’on appelle les correspondances graphèmes-phonèmes. Pour certains, ce lien se fait naturellement. Pour d’autres, il faut plus de pratique et d’explications.
Un bon moyen de vérifier si cette base est bien acquise, c’est de voir comment ton enfant écrit les mots réguliers, ceux qui s’écrivent comme ils se prononcent. Si même ces mots sont difficiles à orthographier, il y a peut-être un besoin de renforcement à ce niveau.
Pour en savoir plus sur la conscience phonologique, consulte l’épisode 23.
Certains enfants confondent des sons proches, comme « d » et « b » ou « f » et « v ». Ça peut sembler anodin, mais si ces sons sont mal distingués, ça complique l’apprentissage de l’orthographe.
Par exemple, un enfant qui confond « d » et « b » pourrait écrire « douche » au lieu de « bouche », ou inversement. Ce type d’erreur change complètement le mot et peut rendre l’écriture difficile à comprendre.
Prendre le temps de jouer avec les sons, d’exagérer leur prononciation et d’observer comment ils sont formés peut l’aider à mieux les entendre et les différencier.
Pour en savoir plus sur les confusions visuelles, lis l’article de blogue intitulé : « Les confusions visuelles – le ‘b’ et le ‘d’ ».
Si ton enfant fait beaucoup d’erreurs et que tu as l’impression qu’il ne sait pas par où commencer, fais un petit retour en arrière. S’il a encore du mal à identifier certains sons ou à les associer aux bonnes lettres, c’est mieux de renforcer cette étape avant de travailler les règles orthographiques plus complexes.
L’orthographe repose sur plusieurs couches d’apprentissage. C’est un peu comme un gâteau à étages : si les premières couches sont instables, le gâteau risque de s’écrouler quand on ajoutera des étages supplémentaires. 🥲
Une fois que les bases sont bien en place, il existe plusieurs stratégies pour aider un enfant à mieux mémoriser l’orthographe des mots. Certaines techniques fonctionnent mieux pour certains enfants que pour d’autres, donc l’idée, c’est d’essayer différentes approches et de voir ce qui lui convient le mieux.
Les mots sont beaucoup plus faciles à retenir quand ils ont du sens pour l’enfant. Plutôt que d’apprendre une liste de mots isolés, essaie de les intégrer dans des phrases ou des petits textes.
Par exemple, au lieu de simplement mémoriser le mot « lapin », ton enfant pourrait l’utiliser dans une phrase comme : « Le lapin mange une carotte. » Il verra ainsi le mot dans un contexte réel, ce qui l’aidera à le retenir plus facilement.
Un autre truc simple, c’est d’ajouter un déterminant devant le mot. Dire « une pomme » au lieu de juste « pomme » aide l’enfant à mieux comprendre la nature du mot et, dans certains cas, à éviter des erreurs.
Si ton enfant reçoit une liste de mots à apprendre, regarde s’ils ont quelque chose en commun. De plus en plus d’enseignants organisent les listes par règle orthographique, et c’est une excellente approche.
Par exemple, une semaine, les mots peuvent contenir la lettre muette « p » comme dans « compter », « temps » et « camp ». Une autre semaine, ils peuvent se terminer en « eau » comme dans « château », « cadeau » et « bateau ».
Quand les mots sont regroupés par similitude, l’enfant retient plus facilement la règle et fait moins d’erreurs. Si la liste est un peu aléatoire, tu peux toi-même essayer de classer les mots pour l’aider.
Tous les mots ne s’apprennent pas de la même façon. Certains suivent les règles de correspondance entre les sons et les lettres, alors que d’autres ont des particularités qu’il faut mémoriser différemment.
Une bonne idée est de séparer les mots en deux groupes et d’expliquer à l’enfant lesquels sont logiques et lesquels demandent un effort supplémentaire de mémorisation.
Apprendre l’orthographe ne veut pas dire recopier une liste de mots dix fois de suite. Il existe plein de façons plus efficaces et plus motivantes d’intégrer l’orthographe au quotidien.
Voici quelques idées :
L’important, c’est de rendre l’apprentissage plus engageant et adapté aux besoins de l’enfant.
Même en utilisant différentes stratégies, certains enfants ont encore du mal à mémoriser l’orthographe des mots. Si c’est le cas, c’est important d’adapter l’apprentissage pour éviter la frustration et maximiser les progrès.
Si ton enfant fait beaucoup d’erreurs, c’est parfois mieux de faire un pas en arrière pour renforcer ses bases avant de continuer. S’il a encore de la difficulté avec les correspondances entre les sons et les lettres, il aura du mal à appliquer les règles d’orthographe, même avec beaucoup d’efforts.
Quelques signes qu’un retour aux bases pourrait être bénéfique :
Dans ce cas, des jeux et exercices pour améliorer la conscience phonologique et les associations lettres-sons peuvent être plus utiles que de forcer l’apprentissage des mots par cœur.
Un enfant qui lit beaucoup est exposé à une grande variété de mots écrits, ce qui l’aide à retenir leur orthographe sans effort conscient. Plus un mot est vu fréquemment, plus il a de chances d’être mémorisé naturellement.
Quelques astuces pour augmenter l’exposition aux mots écrits :
L’orthographe ne s’apprend pas uniquement avec des listes de mots : elle se développe aussi au fil des lectures et des expériences quotidiennes.
Certains enfants ont besoin de plus de répétitions pour bien intégrer l’orthographe. Plutôt que de tout revoir en une seule séance, mieux vaut répartir l’apprentissage sur plusieurs jours.
Si un enfant doit apprendre dix mots, il peut en travailler deux ou trois par jour au lieu de tout voir en une seule fois. Il peut aussi les pratiquer de différentes manières : en les écrivant, en les disant à voix haute ou en jouant avec eux.
L’objectif, ce n’est pas d’apprendre plus vite, mais d’apprendre de façon plus efficace et durable.
Apprendre à bien orthographier les mots, c’est un processus qui prend du temps et qui varie d’un enfant à l’autre. Certains retiennent leurs mots de la semaine après quelques lectures, alors que d’autres ont besoin de plus d’expositions et de stratégies adaptées.
L’important, c’est de s’assurer que les bases sont bien solides : entendre les sons, les associer aux bonnes lettres et comprendre comment les mots s’organisent. Ensuite, varier les méthodes d’apprentissage permet de rendre l’orthographe plus naturelle et moins décourageante.
Si ton enfant a encore des difficultés malgré tout, ne t’inquiète pas. Avec les bonnes stratégies et beaucoup d’exposition à l’écrit, il pourra progresser à son rythme. Et surtout, garde en tête que l’orthographe ne définit pas l’intelligence : c’est une compétence qui se développe avec le temps. 💡
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Certains enfants ont des difficultés à enregistrer de nouveaux mots dans leur lexique orthographique, ce qui les oblige à décomposer les mots lettre par lettre plutôt que de les reconnaître globalement.
Utilise des stratégies comme placer les mots dans leur contexte, classer les mots selon des règles orthographiques, et varier les méthodes d'apprentissage avec des jeux et des activités engageantes.
Cela aide l'enfant à mieux retenir les mots en comprenant les règles sous-jacentes, ce qui est plus efficace que de les apprendre par thèmes.
Pratique ces mots plus souvent, explique les exceptions orthographiques, et utilise des moyens mnémotechniques pour aider l'enfant à se souvenir de leur orthographe correcte.