Le vocabulaire, c’est important.
Non, ce n’est pas la révélation du siècle — on le sait tous déjà. 😜
Dans mon podcast, j’en parle beaucoup, mais c’est souvent en lien avec les enfants préscolaires. Est-ce que ça veut dire qu’on n’a pas besoin d’aider les enfants d’âge scolaire à développer leur vocabulaire ? 🤔
Surtout pas.
J’ai donc invité une collègue orthophoniste, Maude Gagnon, à venir jaser avec moi de l’importance du vocabulaire chez les enfants plus vieux. Et en bonus, elle nous donne des conseils pour aider les enfants à apprendre de nouveaux mots.
Ça t’intéresse ? 🤩 Super, moi aussi !
Est-ce qu’avoir un bon vocabulaire, ça veut dire qu'on connaît plein de mots ?
Oui, mais… non.
Pourquoi ? 🤨
Parce que le vocabulaire, comme beaucoup de choses dans la vie, c’est une question de qualité ET de quantité. Je dirais même que la qualité du vocabulaire est plus importante que la quantité de mots qu'on connaît.
Pour illustrer, je vais te demander de lire les phrases suivantes :
« Depuis la pandémie de Covid-19, les activités en présidentiel ont souvent été remplacées par des soirées Zoom ».
« Caroline est toujours ponctuelle, mais cette fois-ci, elle est arrivée à son rendez-vous de justice. »
« Ma mère aime ma robe, néanmoins, c’est ma préférée. »
Belles phrases, non ?
Mais, tu ne trouves pas qu’il y a quelque chose qui cloche ? 🔔🧐
En fait, la personne qui a écrit ces phrases semble avoir un bon vocabulaire, parce qu'elle connaît des mots comme « présidentiel », « justice » et « néanmoins ». Cette connaissance, c’est ce qu’on appelle l’étendue du vocabulaire – c’est-à-dire le nombre de mots qu’on connaît.
Mais est-ce que ces mots sont bien employés ? Vu le contexte, vraiment pas. 🤭
On devrait plutôt écrire :
« Depuis la pandémie de Covid-19, les activités en présentiel ont souvent été remplacées par des soirées Zoom ».
« Caroline est toujours ponctuelle, mais cette fois-ci, elle est arrivée à son rendez-vous de justesse. »
« Ma mère aime ma robe, d’ailleurs, c’est ma préférée. »
Et c’est là qu’entre en jeu la profondeur du vocabulaire. Connaître un mot, ce n’est pas juste l’avoir entendu ou savoir qu’il existe. C’est aussi comprendre ses nuances, ses différents sens et comment l’utiliser dans le bon contexte.
Un enfant peut très bien connaître beaucoup de mots (bonne étendue du vocabulaire), mais s’il ne sait pas quand et comment les utiliser, il risque d’avoir du mal à bien s’exprimer et à comprendre les autres.
Parce qu’en réalité, si on utilise mal un mot, ça veut dire qu’on ne le comprend pas vraiment bien !
Le vocabulaire, c'est la base de la communication. C’est grâce à lui qu’on peut expliquer ce qu’on pense, partager nos émotions et comprendre ce que les autres nous disent. Et ça, ça touche toutes les sphères de la vie.
Bref, plus un enfant a un vocabulaire riche et précis, plus il va être à l’aise pour s’exprimer, comprendre les autres et apprendre de nouvelles choses.
Sans plus tarder, on va regarder 3 grands bienfaits d’un vocabulaire bien développé (il y en a bien d’autres, mais on va se concentrer sur ceux-ci !) :
As-tu déjà essayé de communiquer dans une langue que tu ne maîtrises pas ?
C’est difficile, c’est frustrant, et ça finit qu’on n’arrive pas à bien se faire comprendre.
Et c’est la même chose de l’autre côté ! Non seulement l’autre personne ne nous comprend pas, mais on ne la comprend pas non plus.
Un vrai désastre !
Eh bien, si ton enfant a un vocabulaire moins développé, il risque de souvent avoir ce sentiment d’incompréhension. Ce sentiment qu’il parle dans une langue qu’il ne connaît pas bien, même si c’est sa langue maternelle. 😥🥺
Par contre, si ton enfant peut s’exprimer avec des mots précis et s’il arrive à comprendre les autres, il se sentira compétent, intelligent et CA-PA-BLE.
En tant que parent, c’est ça qu’on veut, n’est-ce pas ? 🙏
Plus le niveau scolaire augmente, plus la complexité des mots de vocabulaire augmente. C’est un fait.
Avec le temps, ton enfant sera exposé à des mots que tu ne connaîtras peut-être pas toi-même ! 🤯
Par exemple, Maude a vu un jeune qui devait apprendre le terme « réfraction ».
Elle est donc allée chercher la définition du dictionnaire Larousse pour essayer d’aider l’élève.
Mais ce qu’elle a trouvé, c’était plutôt…
Bon, je vais te laisser juger par toi-même! Voici la définition :
« Réfraction (nom féminin) : changement de la direction de propagation d’une onde électromagnétique ou acoustique passant d’un milieu dans un autre. »
C’est clair qu’après avoir lu une définition comme ça, on saisit tout de suite le sens du mot ! 🙄😂
Si l’élève avait décidé d’apprendre cette définition par cœur en se disant que cela lui suffirait pour réussir l’examen, penses-tu qu’il aurait eu un bon résultat?
Par expérience, je peux te dire que la mémorisation est rarement la meilleure solution. 😬
Si l’élève veut bien réussir son examen, il doit donc s’assurer de bien comprendre les termes qu’il doit étudier. Et une fois qu’il aura compris les termes, il risque de mieux comprendre TOUTE la matière. 🤓
Le langage oral et le langage écrit sont assez différents, et les mots qu’on va utiliser dans les deux contextes ne sont pas les mêmes.
Par exemple, à l’oral, on dira :
« Cassandra a froid. »
Mais à l’écrit, on verra plutôt :
« Cassandra grelotte. »
Le sens est le même, mais le niveau de vocabulaire ne l’est pas.
Si on veut que notre enfant comprenne bien ce qu’il lit, on doit donc s’assurer qu’il est en mesure de comprendre les mots plus littéraires que l’on retrouve dans les textes. 📚😊
Le vocabulaire, ça ne se développe pas tout seul. Même si ton enfant est exposé à de nouveaux mots tous les jours, ça ne veut pas dire qu’il va automatiquement les comprendre et les retenir. Il a besoin d’entendre ces mots dans différents contextes, de les utiliser lui-même et d’avoir des occasions de faire des liens entre ce qu’il connaît déjà et ce qu’il apprend. Alors, comment l’aider concrètement à enrichir son vocabulaire ?
Des fois, tu pourras lire l’incompréhension sur le visage de ton enfant !
C’est arrivé à Maude lorsqu’elle a dit à un enfant qu’elle était allée dans un café pendant la fin de semaine. Tout de suite, le regard de l’enfant a affiché de la confusion, et il semblait se demander : « mais comment a-t-elle pu aller dans un liquide chaud ? ». ☕⁉
En fait, l’enfant connaissait le mot « café », mais il ne le comprenait pas dans ce contexte-là.
Maude a donc pu lui expliquer que le mot a un autre sens, celui d’un endroit où on peut acheter du café et d’autres breuvages.
Par contre, si elle n’avait pas pris la peine de remarquer que l’enfant était perplexe ou si elle n’avait pas demandé à l’enfant s’il comprenait, l’enfant serait resté mêlé tout au long de la conversation. Il aurait peut-être été trop gêné pour lui demander des explications, et il y aurait eu un bris de compréhension lors de l’échange. 😥
Il existe plusieurs façons d’aider ton enfant à enrichir son vocabulaire, et le plus efficace, c’est de varier les approches ! Chaque enfant apprend différemment : certains retiennent mieux les mots en les entendant plusieurs fois, d’autres ont besoin de les voir écrits ou de les utiliser dans une conversation.
L’important, c’est d’intégrer ces apprentissages dans la vie de tous les jours, sans que ça devienne une corvée. Voyons maintenant 6 stratégies simples et efficaces pour l’aider à mieux comprendre et retenir les nouveaux mots !
Dans cet ordre d’idée, voici 3 choses à ne PAS faire :
Savais-tu que pour qu’un enfant typique (sans trouble de langage) apprenne un nouveau mot, il doit y être exposé 12 fois ?
Mais qu’en est-il de nos cocos qui ont un TDL (trouble de langage) ?
Pour eux, la répétition du nouveau mot doit se faire 36 fois ! 😯
Oui, l’enfant ayant un TDL doit voir et entendre le mot 36 fois dans différentes phrases et dans différents contextes pour être en mesure de le connaître, de le comprendre et donc de le compter dans son vocabulaire.
Lorsqu’on veut aider un enfant à apprendre un nouveau mot, on ne veut pas se contenter de lire la définition du dictionnaire. On a vu plus haut dans le cas du mot « réfraction » que la définition n’est pas toujours aidante ! 😂
Voici donc quelques petites choses que tu peux faire pour que ton enfant apprenne et comprenne mieux un nouveau mot :
Voici les 3 stratégies de Maude :
Cette stratégie s’explique par elle-même, car on connaît tous l’impact positif que la lecture peut avoir sur le développement du langage. 😍
S’il le veut, ton enfant peut même écouter des livres audionumériques (des enregistrements audios de livres qui sont souvent lus par des acteurs ou des humoristes).
On peut faire ceci en écoutant des documentaires avec notre enfant ou en discutant avec lui de ce qui se passe dans les nouvelles. 🎥📰
Au début, notre enfant pensera peut-être que le sujet qu’on veut aborder avec lui ne l’intéressera pas, mais il peut découvrir une nouvelle passion ! 🤩
Si tu te souviens de ces 3 choses, on est en business !
Alors, pourquoi ne pas tester une de ces stratégies dès aujourd’hui ? Et si tu veux partager ton expérience, viens m’en parler ! 😊📩
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Si tu veux en savoir plus sur l'apprentissage du vocabulaire chez les enfants de 3 à 6 ans, procure-toi mon Mini coup de pouce « Le vocabulaire et l'accès lexical ».
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Un vocabulaire riche aide les enfants à mieux comprendre les leçons, à communiquer efficacement, et à réussir dans les matières scolaires.
Engage-toi dans des lectures régulières, discute de nouveaux mots, utilise des synonymes et des antonymes, et expose ton enfant à des contextes variés où ces mots sont utilisés.
Comprendre les nuances et les multiples sens des mots permet une communication plus précise et une meilleure compréhension, tant à l'oral qu'à l'écrit.
Les enfants doivent être exposés à de nouveaux mots plusieurs fois dans différents contextes pour bien les intégrer et les utiliser correctement dans leur vocabulaire quotidien.